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Points de vue sur le Bitcoin

2016, l’année de la bulle Ethereum?

Depuis le début de l’année, je remarque qu’il y a une bulle sur Ethereum, comme celle que le Bitcoin a connu vers la fin de l’année 2013. En effet, le prix de cette cryptomonnaie a cru de 1400 % en seulement 6 mois pour atteindre aujourd’hui près d’un milliard de capitalisation.

L’engouement actuel envers Ethereum s’explique en grande partie par les multiples applications qui sont développées sur cette plateforme tel que le DAO, une organisation décentralisée qui a levée plus de 160 M$ lors de son financement public. De plus, le débat qui dure depuis plusieurs années sur l’expansion de la capacité des blocs de transactions (la limite de 1 MB/bloc est atteinte) amène des utilisateurs du Bitcoin mécontents à convertir leurs fonds en « ether ». Finalement, comme dans chaque bulle, il y a ces spéculateurs qui ont manqué le bateau précédemment et qui investissent massivement dans toutes les nouvelles cryptomonnaies qui apparaissent.

Quand on lit les dernières nouvelles sur les cryptomonnaies, on sent vraiment une adversité entre les adeptes du Bitcoin et ceux d’Ethereum, comme si la nouvelle plateforme allait détrôner la première vu ses capacités illimitées.

Qu’est-ce qu’Ethereum?

Tout comme le Bitcoin, Ethereum est à la fois une plateforme décentralisée et une cryptomonnaie avec laquelle des personnes ou des entités peuvent faire des transactions de manière peer-to-peer. Cependant, au lieu que ce soit de l’argent qui soit échangé, Ethereum cible les transactions via les contrats intelligents, c’est–à-dire, des applications décentralisées qui ne requièrent pas d’intervention humaine pour être exécutées. En d’autres mots, cette plateforme permet aux utilisateurs de programmer d’avance les règles de n’importe quel type de contrat qui s’exécutera tout seul lorsque toutes les conditions établies auront été rencontrées.

La cryptomonnaie  « ether » est utilisée pour publier ces contrats et pour récompenser ceux qui contribuent au développement de la plateforme. Sur le blockhain d’Ethereum (son registre public distribué), il est possible de suivre l’historique des contrats qui ont été créés et exécutés.

La grande force d’Ethereum se trouve dans son langage de script qui est Turing-Complete, c’est-à-dire qu’il permet de répliquer n’importe quel langage de programmation traditionnel. Cette flexibilité dans le code source facilite ainsi la vie des développeurs qui peuvent créer une variété de systèmes sur cette plateforme en peu de temps. Présentement, il y a plus de 200 applications décentralisées qui sont en développement sur Ethereum telles que Augur, Gems, et Slock.it.

Comment Ethereum est apparue?

Le développement de Ethereum ne s’est pas fait de la même manière que celui du Bitcoin: Ethereum a fait l’objet d’une prévente en 2014, semblable à un financement public, durant lequel 14 M$ ont été levés pour émettre 60 M d’ethers en circulation. Au même moment, 12 M d’ethers ont été émis à une fondation qui chapote ce projet. À chaque 15 secondes, 5 ethers sont émis sur le marché, pour un total de 80 M en circulation. Il faut savoir qu’il n’y a pas de date limite pour le nombre d’ethers qui seront émis et que rien n’empêche d’une nouvelle émission majeure ait lieu.

Ethereum fonctionne sensiblement sur le même algorithme que celui du Bitcoin, le « Proof of Work », qui requière que les mineurs fassent des calculs complexes pour assembler et valider la chaîne de blocs de transactions. En 2017, Ethereum devrait changer son protocole pour Rules of Casper, un nouvel algorithme de consensus basé sur le « Proof of Stake ». Un fork (mettre le lien)sera requis à ce moment pour mettre en place ces changements.

Des questions de sécurité

Avec plus de 7 ans de développement, on dit du réseau Bitcoin qu’il est le plus sécuritaire des cryptomonnaies et même le plus éprouvé. Cependant, l’une des critiques majeures c’est le temps de validation des transactions: ça prend 10 minutes pour confirmer une transaction et près d’une heure pour transférer les fonds qui ont été reçus en bitcoin. C’est la cryptomonnaie dont les transactions prennent le plus de temps pour être validées, mais en contrepartie, son réseau est le plus sécuritaire.

Ethereum fait face lui aussi à quelques critiques au niveau de la sécurité car son logiciel en est encore à ses débuts. En effet, ce système n’a pas encore été testé à l’image des nombreuses attaques informatiques tentées sur le réseau Bitcoin. De plus, la gestion de cette plateforme soulève également quelques questions de gouvernances vue qu’elle est en grande partie gérée par Ethdev, une compagnie qui est financée par la Fondation Ethereum.

Chaque Blockchain a son utilité

Somme toute, même s’il y a plus d’innovations sur Ethereum que sur le Bitcoin, il est difficile de comparer ces deux systèmes décentralisés. À mon avis, chacun de leur blockchain a sa propre utilité:

  • Ethereum est en train de devenir la plateforme de choix pour le développement applications décentralisées (contrats intelligents).
  • Bitcoin est la monnaie digitale mondiale qui est idéal pour le transfert de grosses sommes d’argent. Comme on le voit actuellement avec le débat sur l’augmentation de la limite des blocs, il devient de plus en plus difficile de faire des mises à jour importantes à ce système décentralisé. Cependant, ce débat est compréhensible car la communauté crypto n’est pas prête à risquer la pérennité du Bitcoin qui donne de la valeur à la totalité du marché des cryptomonnaies.